Professeur de technologie : concours en poche, mais aucun poste dans l’académie de Lille — une absurdité alarmante
Alors que les collèges et lycées manquent cruellement de professeurs de technologie, aucun poste n’est actuellement ouvert dans l’académie de Lille. Une situation pour le moins paradoxale, et profondément décourageante pour les lauréats du CAPET qui espéraient pouvoir exercer leur métier dans leur région.
Car obtenir le CAPET de technologie n’a rien d’anodin. C’est un concours exigeant, qui suppose des mois — parfois des années — de préparation, un investissement personnel important et de nombreux sacrifices. Mais une fois ce sésame obtenu, nombre de lauréats découvrent une réalité brutale : ils sont affectés à des centaines de kilomètres de leur domicile, dans des académies où ils n’ont ni attaches familiales ni réseau de soutien.
Ce déplacement contraint est vécu comme une sanction plus que comme une opportunité. Il entraîne des conséquences bien concrètes : double loyer, éloignement des proches, isolement, fatigue psychologique, sans parler des difficultés matérielles pour s’installer durablement ailleurs. Tout cela pour exercer un métier déjà exigeant, dans des conditions rendues encore plus précaires.
Et pendant ce temps, dans leur académie d’origine — comme à Lille — les établissements peinent à recruter. Les chefs d’établissement cherchent désespérément des enseignants… et se tournent vers des contractuels pour combler les manques.
Le paradoxe est alors saisissant : il est aujourd’hui parfois plus facile d’enseigner dans sa propre région en tant que contractuel qu’en tant que titulaire. Une situation qui interroge profondément le sens du concours et du système d’affectation. À quoi bon encourager les candidats à passer un concours national exigeant, si celui-ci les empêche ensuite d’enseigner là où les besoins sont pourtant avérés ?
Ce constat conduit certains à une réflexion troublante : faut-il vraiment passer le concours ? Lorsqu’aucun poste n’est proposé dans l’académie souhaitée malgré des besoins évidents, rester contractuel apparaît parfois comme la seule façon réaliste de concilier engagement professionnel et stabilité personnelle.
Un comble pour un service public qui prétend valoriser la fidélité, la compétence et l’engagement à long terme — mais qui finit par décourager ceux-là mêmes qu’il forme et recrute.
Ce dysfonctionnement n’est d’ailleurs pas propre à l’académie de Lille. D’autres académies se trouvent dans la même situation : absence de postes ouverts au mouvement malgré des besoins réels sur le terrain, recours massif aux contractuels, et en parallèle affectation de titulaires loin de leur région d’origine. Il ne s’agit donc pas d’un déséquilibre ponctuel entre académies, mais bien d’un problème structurel de gestion des ressources humaines, qui organise artificiellement la pénurie partout, fragilise les équipes et décourage durablement les vocations.









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